Buenos Aires, cité des arts


Buenos Aires, cité des arts

CATHERINE CALLICO

Samedi 26 décembre 2009

Les arts visuels explosent au sein de la capitale argentine. Des galeries à la rue. La crise du peso, en 2001, a radicalement modifié la scène locale : en réaction, l’art est devenu plus engagé et s’est approprié de nouveaux espaces.

Depuis la crise du peso en 2001, des galeries alternatives ont fleuri un peu partout à Buenos Aires et chacun a laissé libre cours à sa créativité, sans plus se soucier des goûts dictés par l’élite. Et Buenos Aires s’est mué en nouveau spot sur la carte mondiale du street art. La crise actuelle ne fait pas peur aux artistes argentins : ils y sont préparés, après avoir su tirer les leçons des précédentes.

Les galeries de San Telmo

Depuis la fin des années 90, à Buenos Aires, les arts contemporains trouvent place dans des lieux à l’aura internationale comme le MALBA et la Fondation Proa, et de plus en plus, dans des galeries alternatives. L’avant-garde s’est déplacée du quartier bobo de Palermo Soho vers San Telmo, traditionnellement lié au tango. Ouverte en juin 2005 dans une ex-boucherie, la Galeria Appetite est une référence du genre. Dirigée par Daniela Luna, une brune vorace de 31 ans, qui propose un lieu où de jeunes artistes peuvent expérimenter et prendre des risques, mais aussi un cadre professionnel avec une solide structure et une visibilité sur la scène artistique internationale. J’ai choisi le nom Appetite, en relation avec le type d’art et d’artistes que je recherche : des gens dont le travail dépasse les limites, et qui créent presque dans un état de faim physique. Appetite est ma manière de faire de la politique. Dans un monde souvent difficile, en particulier dans la sphère artistique de l’hémisphère Sud, j’ai prouvé qu’il était possible d’être présent sur les meilleurs salons de la planète avec des projets crus et excitants.

Crise ou pas. La crise de 2009 n’est pas locale comme ce fut le cas de la précédente, de plus nous avons l’habitude des crises ! Lors de la London Frieze Art Fair 2008, le stand d’Appetite s’est inspiré de ce contexte. Au lieu de vouloir cacher les difficultés économiques, nous les avons utilisées : les artistes ont vécu sur le stand pendant la durée du salon, et ne se nourrissaient que de ce que les gens leur apportaient. Cela a suscité énormément de réactions de la part des critiques et du public.

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English translation:

Buenos Aires, City of Arts
CALLICO, CATHERINE
Saturday, December 26, 2009

Visual arts explode in the Argentine capital. Galleries on the street. The peso crisis in 2001, has radically altered the local scene: in reaction, the art became more engaged and appropriated new spaces.
Since the peso crisis in 2001, alternative galleries have sprung up elsewhere in Buenos Aires and everyone has free rein to his creativity, without worrying about the tastes dictated by the elite. And Buenos Aires has evolved into new spot on the world map of street art. The current crisis does not scare Argentine artists: they are prepared, having learned the lessons of previous crisis.

The galleries of San Telmo
Since the late 90s, in Buenos Aires, contemporary art space located in places to be international as MALBA and Proa Foundation, and increasingly, in alternative galleries. The vanguard has moved from the neighborhood of Palermo Soho bohemian San Telmo to traditionally linked to tango. Opened in June 2005 in a former butcher shop, Appetite is a reference type. Led by Daniela Luna, a brunette voracious 31-year, offering a place where young artists can experiment and take risks, but also a professional with a solid structure and visibility on the international art scene. I chose the name Appetite, in relation to the type of art and artists that I seek: people whose work exceeds the limits, and create almost in a state of physical hunger.Appetite is my way of doing politics. In a world often difficult, especially in the arts arena in the southern hemisphere, I proved it was possible to be present on the best salons in the world with raw and exciting projects.

Crisis or not. The 2009 crisis is not local as in the case of the previous, plus we’re used to crises! At the London Frieze Art Fair 2008, the stand of Appetite was inspired by this context. Instead of trying to hide the economic difficulties, we used it: the artists lived on the stand during the show, and ate only what people brought them. This has generated a lot of reactions from critics and the public.